Le nom a fait un long voyage. À l'époque lombarde il y avait ici un château appelé Altacauda ; ce fut Luigi De Capua, bien plus tard, qui en fit Altavilla, rappelant à la fois sa propre maison et la ville de Normandie dont la famille venait. Le village est à cheval sur trois collines — Torone, Ripa et Foresta — qui sont les trois monts des armoiries communales, concédées seulement en 2017 et complétées par des noisettes, en latin avellanae, le principal produit de la campagne alentour. En 1882 Giovanni Verga situa ici une partie de son roman Il marito di Elena.
Puis il y a le soufre et les départs. À la fin du dix-neuvième siècle on trouva ici l'un des gisements de soufre les plus importants de Campanie, et Altavilla devint le village du soufre ; la mine, à la limite de Tufo, est aujourd'hui un site d'archéologie industrielle. Mais d'ici on est aussi beaucoup parti : entre les deux guerres vers la France, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique, les États-Unis, l'Argentine, le Canada, le Venezuela et l'Australie, et de nouveau dans les années soixante. Ceux qui allèrent en Australie s'établirent surtout autour d'Adélaïde, où la communauté d'Altavilla est encore nombreuse et où il n'est pas rare d'entendre dans la rue des septuagénaires parler le dialecte irpinien. Dans la maison où il naquit se trouve en revanche le musée consacré à Alberico Crescitelli, le missionnaire tué en Chine en 1900 pendant la révolte des Boxers.