Les armes de Dragoni, reconnues en 1936, portent sur champ d'argent un dragon assis de sable, et le décret explique pourquoi: cette figure «reflète la conformation topographique du territoire». Ce n'est donc pas un animal héraldique choisi pour faire impression, mais un dessin du terrain: quelqu'un, regardant la carte de la commune au pied du mont Melito, y a vu la silhouette d'un dragon accroupi, et cette silhouette est devenue l'emblème. Le nom aussi fonctionne à l'inverse de ce qu'on attend: au Moyen Âge le bourg fut l'un des fiefs de la famille noble des Dragoni, et c'est la famille qui a pris son nom du lieu, non le lieu de la famille. D'ordinaire c'est le contraire qui arrive, et dans les notices des communes italiennes on lit presque toujours l'autre sens.
Le drapeau que la commune arbore, pourtant, n'est pas celui que décrivent les décrets: à la place des armes officielles il porte une variante différente, avec un dragon ailé de sinople sur champ d'azur. C'est un petit désaccord entre le papier et l'usage, de ceux que personne ne corrige parce que personne ne les remarque. Un autre désaccord, plus gros, concerne la géographie administrative: de 1927 à 1945 Dragoni ne fut pas dans la province de Caserte mais dans celle de Bénévent, parce qu'en ces années-là la province de Caserte avait été supprimée et son territoire réparti entre les voisines. Pendant dix-huit ans les habitants ont eu un chef-lieu différent sans s'être déplacés d'un mètre. Le bourg, qui compte aujourd'hui moins de deux mille habitants, a six églises, et il est desservi par deux gares du chemin de fer Alifana.
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