Au milieu de la campagne de Nola, Marigliano garde la marque de ses feudataires : le palais ducal, avec ses tours cylindriques et son parc, passé des Carafa aux derniers ducs, reste le monument identitaire d'une ville qui fut un comté important du Royaume. Le nom vient probablement d'une famille romaine, les Mari, récompensée par ces terres après la guerre sociale ; le premier document qui la nomme est un acte de donation sur parchemin de 917. Le fief changea sans cesse de maître et fut une fois vendu aux enchères comme un meuble, quand un Carafa mourut en laissant des dettes : ce fut un banquier napolitain qui l'acheta. Le seigneur le plus malchanceux connut pire encore : en 1197, Henri VI fit traîner Richard d'Acerra par un cheval dans les rues de Capoue, puis pendre la tête en bas.
Sous les Mastrilli, qui tinrent le duché un siècle et demi, Marigliano connut une révolte de ses vassaux, avec des impôts trop lourds et un duc contraint de s'enfermer au couvent de San Vito, et une académie littéraire, voulue par Isabella Mastrilli. Domenico Antonio Vaccaro travailla dans la collégiale Santa Maria delle Grazie, et son clocher, de tuf, de brique rouge et de pierre de lave, portait au sommet une petite coupole de majoliques jaunes et vertes : elle s'écroula lors du tremblement de terre de 1980 et a été refaite à l'identique. Tout autour s'étend la plaine de légumes et de fruits qui approvisionne Naples depuis toujours, et c'est la campagne qui a donné à la ville sa page la plus amère : dans les années cinquante le doryphore détruisit pendant des années la récolte de pommes de terre, et en juin 1959 la protestation des paysans s'acheva avec la mairie en flammes. Nola et ses Gigli, les basiliques paléochrétiennes de Cimitile sont à deux pas.