Casalecchio veut dire une poignée de maisons : Casaliculum, «petit groupe de maisons» dans le latin médiéval. Puis cette poignée de maisons s'est mise à gouverner l'eau de Bologne. Autour de l'an mille on commença ici à bâtir le barrage, le canale di Reno et le pont ; la digue telle qu'on la voit aujourd'hui est de 1360, et elle servait à retenir les crues et à envoyer une partie du fleuve dans le canal, qui portait les bateaux et faisait tourner les ateliers jusque dans Bologne — la via Riva Reno porte le nom de ce canal, qui court maintenant enterré sous l'asphalte. C'est l'un des ouvrages hydrauliques les plus durables d'Europe, toujours en service, et l'UNESCO l'a déclaré «patrimoine messager d'une culture de paix en faveur des jeunes». Le barrage figure aussi dans les armes du bourg, à côté du lion de Bologne à la bannière Libertas.
À côté s'étend le parco della Chiusa, l'ancien parco Talon : cinq cents hectares au pied de la colline de San Luca, avec les restes de la villa des Sampieri Talon, du dix-septième siècle, où les Bolonais se promènent depuis des générations. Pendant trois siècles, pourtant, ce lieu fut surtout un champ de bataille des guerres de Bologne : le 26 juin 1402, l'armée bolonaise de Giovanni Bentivoglio y affronta celle de Gian Galeazzo Visconti, duc de Milan. Lors de la dernière guerre, Casalecchio fut l'une des communes les plus bombardées, et elle s'est refaite de fond en comble, croissant plus vite que toute autre commune de la province, chef-lieu compris. Le 6 décembre 1990, un avion militaire en avarie, que le pilote avait abandonné en vol, tomba sur une annexe de l'institut Salvemini : douze élèves moururent. Le bâtiment frappé est aujourd'hui la Casa della Solidarietà, et il porte le nom de Dubcek.