⛪ Églises et sanctuaires

chiesa di Sant'Ignazio di Loyola in Campo Marzio

📍 Roma, Latium · 76/100

Les travaux commencèrent en 1626, car la vieille église de l'Annunziata ne suffisait plus aux étudiants du Collegio Romano, et le nouvel édifice fut dédié à Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, canonisé quelques années plus tôt. Celui qui paya fut l'évêque Ludovico Ludovisi, neveu de ce même pape Grégoire XV qui avait signé la canonisation : il versa aussitôt deux cent mille écus et voulut une église qui, pour l'ampleur et la beauté, ne le cédât qu'à bien peu. Son premier geste tourna pourtant mal. Il avait choisi un terrain près du noviciat de Sant'Andrea, et le pape objecta que la hauteur du nouveau bâtiment lui ôterait la vue du Quirinal : l'église fut déplacée à côté du Collegio Romano.

À voir

Avant de lever les yeux, sachez comment finit le concours pour l'architecte. Parmi ceux qui présentèrent des dessins se trouvait le Dominiquin, protégé de Ludovisi lui-même, et sur la suite les sources divergent. Son ami Passeri règle l'affaire en une ligne : Domenico, dit-il, concourut comme les autres, Dieu sait quelle en fut l'issue, et il est superflu d'en parler. Bellori est plus explicite et raconte que les jésuites allèrent lui dire de ne pas se fatiguer, car ils entendaient suivre la forme de leur propre église du Gesù. La commande alla à un jésuite, le père Orazio Grassi, architecte, mathématicien et astronome, surtout connu pour avoir été l'adversaire de Galilée.

La visite

Dans le sol de la nef est fiché un disque doré : placez-vous dessus et levez les yeux. Andrea Pozzo y a peint, en 1685, un second temple superposé au vrai, sur deux ordres de colonnes et d'arcs qui montent vers une lumière d'or où le Christ montre l'étendard de la croix. De son côté part un faisceau qui éclaire Ignace, et d'Ignace quatre rayons gagnent les quatre continents alors connus, chacun sur un animal : l'Europe à cheval, l'Asie sur le chameau, l'Afrique sur le crocodile, l'Amérique sur le puma. Avancez ensuite de quelques pas vers l'autel, jusqu'à la seconde marque au sol : de là, la toile tendue au-dessus de la croisée devient une coupole.

Le conseil de la rédaction

Pourquoi cette coupole fut peinte et non bâtie, on ne le sait pas avec certitude : peut-être pour des raisons d'argent, peut-être parce que les habitants des alentours ne voulaient pas d'une grande coupole leur ôtant le soleil. Quoi qu'il en soit, le tour réussit si bien que Pozzo le refit à Frascati, Montepulciano, Arezzo, L'Aquila, Vienne et Ljubljana. Et la toile a eu une vie mouvementée : vers la fin du dix-neuvième siècle la fumée des cierges l'avait noircie au point de la rendre presque invisible, et elle porte encore, recousue, la déchirure causée par l'explosion de la poudrière de Monteverde en 1891.

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