Au-dessus des arcatures aveugles de l'abside principale, des bols de céramique venus de Sicile ou d'Afrique du Nord sont scellés dans le mur depuis 1050 environ : ce sont les plus anciens de ce genre en Ligurie. Ceux que l'on voit sont des copies, les originaux ayant été déposés pour restauration. San Paragorio se dresse hors des murailles médiévales de Noli ; elle fut la cathédrale de la ville jusqu'en 1572 et elle est monument national depuis 1890.
À voir
L'édifice relève du roman ligure du XIe siècle, élevé sur une église paléochrétienne : trois nefs, piliers massifs, absides en hémicycle, fines lésènes séparant les arcatures, jumelées en façade. On n'entre pas par la façade mais par le flanc gauche, sous un porche gothique de pierre et de brique porté par deux colonnes ; le portail alterne pierres blanches et noires, manière ligure de signaler un seuil. À gauche, deux tombeaux monumentaux à arcosolium ; à droite du porche, la dalle de Gandolfo De Gasco, datée de 1272 par son inscription gothique.
À l'intérieur, le maître-autel porte un crucifix de bois peint de la seconde moitié du XIIIe siècle, cousin du Volto Santo de Lucques : le Christ porte la longue tunique, le colobium, selon un modèle oriental. À côté, la copie de la cathèdre épiscopale de 1239, dont le dossier est gravé aux armes d'un évêque génois. Des fresques du XVe siècle subsistent dans les niches du presbytère et, dans les bas-côtés, un panneau de Teramo Piaggio montre saint Paragorius à cheval avec Parteo, Partenopeo et Severino. Des escaliers de part et d'autre du chœur descendent à la crypte : c'était le sol de deux petites chapelles des IVe et Ve siècles, et les bâtisseurs médiévaux y ont réemployé des colonnes monolithes romaines.
La visite
On y va à pied depuis la vieille ville : l'église est juste au-delà de l'enceinte médiévale, seule sur un pré, avec des sarcophages paléochrétiens alignés le long du mur de clôture. Le terrain fut fouillé en 1972 par Nino Lamboglia, qui dégagea une nécropole de l'Antiquité tardive et un baptistère ; des campagnes plus récentes ont trouvé les traces d'un quartier d'artisans. L'ouverture n'est pas continue et varie selon la saison : mieux vaut se renseigner auprès de la mairie ou du musée, car porte close il ne reste que l'extérieur, qui justifie déjà la marche.
Le conseil de la rédaction
Emportons des jumelles ou un téléobjectif : les bols sont placés très haut, entre la frise d'arcatures et l'égout du toit, et l'œil nu les perd. Remontons ensuite en ville jusqu'à la concathédrale San Pietro. Le titre y a été transféré en 1572 parce que San Paragorio, hors les murs, était trop exposée ; voir les deux églises dans la même matinée explique ce déménagement mieux que n'importe quel panneau.
