Castel di Lama n'est pas un village: c'est une mosaïque. La commune se divise en Ville, une sorte de quartiers — Villa Piattoni, Villa Chiarini, Villa Croce, Villa Sambuco et Villa Sant'Antonio les principales, puis les plus petites Villa Cese, Villa Cabbiano, Villa Valentino, Villa Forcella, Collecchio, Tose. Elle a poussé ainsi parce qu'au dix-huitième siècle les villas seigneuriales se répandirent sur le territoire, donnant lieu à un développement en mosaïque qu'on appela justement les Ville della Lama. Et l'une de ces villas n'est même pas tout entière ici: Villa Sant'Antonio est pour partie dans cette commune et pour le reste dans celle d'Ascoli Piceno. Le nom aussi a changé autant que la forme: Castrum Lamae au quatorzième siècle, Ville della Lama au seizième, simplement Lama au dix-huitième, et enfin Castel di Lama en 1862, l'année après la naissance du Royaume d'Italie, fixé tant par un décret royal que par une délibération du conseil communal. Castel est le château qui se dressait sur la colline dominant la via Salaria; Lama est le torrent, et le mot décrit un glissement de terrain.
Le long de la Salaria on voit encore les bornes anciennes du septième et du huitième mille: la distance depuis Ascoli, marquée dans la pierre. La commune libre naquit au quatorzième siècle, puis déclina, et renaquit le six décembre 1543; deux ans plus tard elle se donna ses propres statuts, et dans la décennie suivante elle participa à la seconde guerre du Tronto. Plus tard un pape érigea le territoire en marquisat, à la demande de la famille Odoardi. En 1799 les troupes napoléoniennes fusillèrent seize concitoyens qui s'étaient révoltés, et à Sambuco une plaque les rappelle encore. De 1926 à 1952 le tramway électrique d'Offida avait son terminus à la gare, avec un parcours d'une dizaine de kilomètres. Et parmi les métiers, celui pour lequel ce lieu est connu bien au-delà des Marches, c'est la dentelle.