Le nom dit deux choses différentes, et Grugliasco a choisi la seconde. Pour les linguistes, c'est un nom de domaine — Gruglascum, du colon romain Currelio, quand les Romains quadrillèrent la campagne à l'ouest de Turin. Pour d'autres, il vient des grues, les gru, qui s'arrêtaient ici lors des migrations ; et quand, en 1613, la communauté se donna des armes, elle y mit la grue. L'oiseau est resté depuis : il y a encore un Palio della Gru. Le bourg, pourtant, n'avait pas d'eau : ni fleuves ni torrents, et il grandit lentement jusqu'à ce qu'au quinzième siècle on lui amenât une bealera de la Doire Ripaire, qui passait par Rivoli et Collegno et se divisait ici en deux cornes.
Avec l'eau vint la soie : les filatures s'alignèrent le long du canal, et cette rue s'appelle encore via dei Filatoi. Puis le mûrier tomba malade, les Français prirent le marché, et la soie s'acheva. Restent la tour communale du quinzième siècle, bâtie pour la défense et devenue d'abord télégraphe Chappe après le passage de Napoléon puis clocher de San Cassiano ; les fermes du dix-septième siècle éparpillées vers Turin ; et la villa Il Maggiordomo, bâtie par le majordome de la Maison de Savoie, qui ressemble tant au Palazzo Carignano que certains l'attribuent à Guarino Guarini. Aujourd'hui Grugliasco est le campus vert de Turin — agronomie et médecine vétérinaire entre les fermes — et, ce que personne n'attend, l'une des capitales italiennes du cirque contemporain : au parc Le Serre il y a une école toute l'année et l'été un festival international. Turin se rejoint en tram.