⛪ Églises et sanctuaires

Cappella Brancacci

📍 Firenze, Toscane · 78/100

La chapelle, dans l'église de Santa Maria del Carmine, est l'un des plus hauts exemples de la peinture de la Renaissance. Elle fut peinte dans les années vingt du quinzième siècle par Masaccio et Masolino da Panicale, travaillant ensemble ; puis le cycle s'arrêta à mi-chemin et ne fut achevé qu'un demi-siècle plus tard par Filippino Lippi. Cette pause n'a pas de raisons artistiques : c'est une affaire de politique florentine.

À voir

Regardez ce qui manque. En 1436 Felice Brancacci fut exilé pour s'être rangé contre Cosme de Médicis, et dans ce contexte on martela sans doute les portraits des Brancacci et d'autres citoyens qui figuraient dans les scènes : dans la Résurrection du fils de Théophile, la peinture de Masaccio s'interrompt net, au-dessus du milieu des vêtements. En 1458, quand l'exil devint définitif, la chapelle fut vidée de toute référence à la famille : il était devenu inconvenant, pour les Médicis et pour les carmes eux-mêmes, qu'un cycle aussi célèbre liât une maison rebelle à la papauté, puisque Pierre avait été le premier pape. La chapelle fut redédiée à la Madonna del Popolo, et le panneau du treizième siècle qu'on y plaça se trouve toujours sur l'autel.

La visite

L'ouvrage ne put être achevé qu'en 1480, quand les Brancacci furent réadmis à Florence. On appela Filippino Lippi, l'homme qu'il fallait à double titre : artiste de premier plan et fils de Fra Filippo, l'un des tout premiers élèves de Masaccio. Il chercha à ne pas rompre l'ensemble, accordant sa palette aux couleurs anciennes et gardant la tenue solennelle des figures, mais sa main se reconnaît tout de même : un clair-obscur plus mûr et la ligne de contour, c'est-à-dire une façon de peindre d'une autre génération que les rapides poses de couleur de Masaccio.

Le conseil de la rédaction

Levez les yeux et comptez les pertes. Au milieu du dix-septième siècle, sous Cosme III, on couvrit les nudités de feuillages. Au dix-huitième, les voiles de la voûte, que Masolino avait peintes des quatre évangélistes, furent détruites pour ménager une coupolette ; les deux lunettes supérieures, où le récit commençait, furent remplacées par de fausses perspectives ; et la baie gothique géminée fut démontée pour ouvrir une fenêtre baroque plus large, emportant une bonne part des fresques en haut du mur du fond. Puis, en 1771, un incendie détruisit la basilique : les fresques tinrent, et la Vierge du treizième siècle fut sauvée par pur hasard, car un an plus tôt environ on l'avait déplacée dans le couvent. En mémoire de ce péril évité, on ajouta sur les écus des pendentifs les mots SIGNUM SALUTIS IN PERICULIS.

Sur place : visites, billets et expériences

Cappella Brancacci

Réservables sur GetYourGuide

Toujours à Firenze

Les 51 lieux de Firenze →

Basilica di Santo Spirito

La dernière église de Brunelleschi : la galerie parfaite, le Crucifix de Michel-Ange et la façade jamais finie.

📍 300 m

Ponte Santa Trinita

Le pont aux arches impossibles, dynamité en 1944 et remonté pièce par pièce.

📍 500 m

Palazzo Pitti

De la maison de Luca Pitti au palais des grands-ducs : aujourd'hui Raphaël, Titien, les macchiaioli et Boboli.

📍 600 m

Églises et lieux de culte · Firenze

Basilica di Santa Croce

Le panthéon des gloires italiennes : les tombeaux de Michel-Ange, Machiavel et Galilée dans la basilique franciscaine de 1294.

📍 1,5 km

Basilica di Santa Maria Novella

L'église des dominicains à Florence, avec la façade d'Alberti de 1470 et la Trinité en perspective de Masaccio.

📍 900 m

Basilica di San Lorenzo

La basilique de Brunelleschi, panthéon des Médicis, avec la nouvelle sacristie de Michel-Ange et sa façade jamais achevée.

📍 1,1 km

Museo di San Marco

Il ne naquit pas dominicain, et les premiers frères y vécurent deux ans en cabanes.

📍 1,7 km

Basilica di Santa Trinita

L'église mère des vallombrosains : la chapelle Sassetti de Ghirlandaio et les fresques de Lorenzo Monaco.

📍 600 m