Le plus ancien musée scientifique d'Europe ouvert au public se trouve via Romana, à côté du palais Pitti : le grand-duc Pierre-Léopold l'ouvrit le vingt et un février 1775 avec les curiosités naturelles rassemblées par les Médicis, et mit dessus un observatoire, la specola, qui a donné son nom à tout. Dedans il y a trois choses qui ne sont ensemble nulle part ailleurs : un zoo empaillé du dix-huitième siècle, avec l'hippopotame qui vécut à Boboli et fut naturalisé par quelqu'un qui ne l'avait jamais vu vivant ; la collection de cires anatomiques la plus grande et la plus ancienne du monde, des corps ouverts modelés sur les cadavres de l'hôpital pour enseigner la médecine sans couper ; et une salle néoclassique dédiée à Galilée. Rouvert en 2024 après des années de fermeture, il est redevenu ce qu'il était : un endroit étrange, et magnifique.
À voir
Les cires, avant tout : environ mille quatre cents modèles faits entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle par l'atelier florentin de Clemente Susini, dans les vitrines de bois d'origine, avec les corps entiers allongés, l'Écorché aux muscles et aux capillaires de soie, les Vénus qui s'ouvrent, les organes en morceaux, les dessins à côté qui expliquent. Elles sont d'une précision que les médecins utilisent encore, et d'une beauté qui n'était pas prévue. Dans la même section, les cires de la peste de Gaetano Zumbo, le Sicilien qui au dix-septième siècle fit pour Cosme III de petits théâtres de cadavres en décomposition, avec les rats, pour méditer sur la mort.
Puis le zoo : les salles des invertébrés avec la corbeille de Vénus et les papillons, les mammifères avec l'hippopotame de Boboli, le thylacine de Tasmanie disparu, les trophées de chasse des Savoie, les oiseaux de paradis ; le crocodile momifié venu d'Égypte avec l'expédition de Rosellini ; la Salle des squelettes avec la baleine à bosse, la plus grande dans un musée italien, et le squelette de Hansken, l'éléphant qui parcourut l'Europe et mourut à Florence. La Tribune de Galilée, de 1841, avec la statue et les fresques des découvertes, et tout en haut le Torrino avec la salle de la méridienne et les fleurs de cire grandeur nature.
La visite
Le musée est via Romana, à deux minutes du palais Pitti vers Porta Romana ; il appartient à l'Université, avec billet propre, fermé le lundi et avec entrées par créneaux horaires, à réserver le week-end ; le Torrino et la Tribune se voient en visite guidée à jours fixes. Deux heures, plus avec des enfants. Les cires sont à dix-huit degrés toute l'année : prenez une veste en été.
Le conseil de la rédaction
Ne sautez pas Zumbo par dégoût : ses cires de la peste sont les œuvres d'art les plus troublantes que possède Florence, et elles ont été faites par un homme qui les vendait aux princes comme des bijoux. Puis, pour vous remettre, allez voir l'hippopotame de Boboli, avec les pattes d'ours qu'on lui a données, et pensez qu'il a nagé dans le bassin du jardin des Médicis.
