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🖼️ Musées

Museo del Cenacolo di Sant'Apollonia

📍 Firenze, Toscane · 65/100

Pendant quatre siècles, personne n'a vu cette Cène : Andrea del Castagno la peignit en 1447 sur le mur du réfectoire d'un couvent de clôture, et les moniales de Sant'Apollonia ne laissaient entrer aucun étranger. Vasari n'en parle pas, aucun guide ancien de Florence ne la cite, et son existence ne fut découverte qu'en 1861, quand le couvent fut supprimé et réquisitionné par l'armée. Depuis, c'est l'un des plus beaux musées de la ville et l'un des moins visités : une seule salle, gratuite, à deux pas de l'Accademia où tout le monde fait la queue pour le David.

À voir

La fresque, qui occupe tout le mur : les apôtres et le Christ assis derrière une longue table à nappe blanche, dans une salle à l'antique avec des marbres colorés dans le dos, un triclinium romain tel que Leon Battista Alberti les décrivait, la paroi de devant retirée pour que nous puissions regarder dedans. Au-dessus de la tête de Judas, assis seul du mauvais côté de la table avec un visage de satyre, la plaque de marbre se plisse en veines noires et rouges comme un éclair : c'est la façon dont le peintre a mis l'orage dans la pierre.

Au-dessus de la Cène, plus haut, la Résurrection, la Crucifixion et la Déposition, détachées dans les années cinquante parce que l'humidité les rongeait ; sur le mur opposé, les sinopies, les dessins préparatoires apparus lors du détachement, qui montrent comment Castagno pensait avant de peindre. Dans la même salle, ses autres fresques détachées, le Christ de pitié et la Crucifixion, et les rares restes du cycle de Sant'Egidio, que Domenico Veneziano, Piero della Francesca, Baldovinetti et Castagno lui-même peignirent ensemble et que le seizième siècle a détruit : ce sont des fragments, mais ils viennent du chantier où est né la Renaissance florentine.

La visite

Le musée est via XXVII Aprile, à cinq minutes de la piazza San Marco et de l'Accademia ; il est d'État, l'entrée est gratuite, ouvert le matin avec des fermetures certains jours du mois, à vérifier avant. Une demi-heure. Il n'y a presque jamais personne : il arrive de rester seul devant une fresque de premier ordre.

Le conseil de la rédaction

Placez-vous au centre de la salle, à la distance d'où une moniale aurait mangé, et regardez seulement le marbre derrière Judas : cette veine qui explose au-dessus de sa tête est la chose la plus moderne peinte à Florence au quinzième siècle. Puis tournez-vous vers les sinopies du mur opposé et cherchez les différences avec la fresque : on voit le peintre changer d'avis.

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