L'église San Domenico se dresse sur l'île du même nom, au nord-est de la ville, et rappelle la présence des frères dominicains à Chioggia depuis la fin du XIIIe siècle. En 1287, on décida d'y fonder un couvent, et en 1291 l'église et le couvent, de style roman, étaient achevés. De cette île partait alors un long pont vers Clodia minor, l'actuelle Sottomarina, détruit pendant la guerre entre Gênes et Venise et jamais reconstruit.
À voir
Endommagée par la guerre de Chioggia puis par un incendie au milieu du XVIIe siècle, l'église fut reconstruite sur un projet du Vénitien Pietro Pelle, qui travaillait dans les mêmes années à San Giacomo ; en 1770, un décret du Sénat vénitien éloigna les frères, et le couvent devint ensuite une zone militaire. De l'église ancienne subsiste le campanile du XIVe siècle, haut de 29 mètres, restauré entre 1497 et 1503 par le maître d'œuvre Giorgio di Menagio, comme le rappelle une plaque sur le côté sud. L'intérieur mesure 55 mètres de long, 25 de large et 21 de haut. Au revers de la façade se trouvent quatre toiles de Pietro Damini de 1619-1620, dont saint Hyacinthe de Pologne sauvant des naufragés ; de part et d'autre du maître-autel, une Déposition de Leandro Bassano et l'Extase de saint Thomas de Domenico Tintoretto, et deux autels portent des retables d'Andrea Vicentino.
Le maître-autel, en marbre de Carrare, fut acheté en 1812 à une église supprimée de Venise, et encadre le grand crucifix vénéré par les habitants de Chioggia : haut de près de cinq mètres, il a le corps du Christ taillé dans un seul bloc de saule, et sous la toile de lin tendue sur le bois on inséra de fines cordelettes pour faire ressortir les veines. C'est une œuvre d'origine nordique, datable du milieu du XIVe siècle ; on sait qu'il venait de Iesi et qu'il fut repêché près de l'île après le naufrage du navire qui le transportait. Les pêcheurs en peignaient l'image sur leurs barques, et pour la première procession, en 1814, il fallut abattre une partie de la façade pour le faire sortir.
La visite
L'église se trouve sur l'île de San Domenico. Dans la chapelle à droite de l'entrée sont conservées une quarantaine de «tolèle», des tablettes votives montrant des barques de pêche en naufrage. Les horaires d'ouverture sont à vérifier sur place ou auprès du diocèse.
Le conseil de la rédaction
Sur le mur nord, cherchez le Saint Paul stigmatisé de Vittore Carpaccio, une toile datée de 1520.








