Une inscription au sommet de la fontaine fixe la date : 1713. Elle fut construite cette année-là, sous le « sindacato » du docteur Domenico Prete et avec l'assistance du décurion Alessandro Criesia, et elle est depuis le monument le plus reconnaissable de Barile. Elle se dresse piazza Garibaldi, autrefois piazza dello Steccato, la place de la palissade : c'est de là que vient son nom, et non l'inverse.
À voir
La façade, en pierre locale, est divisée en trois par quatre pilastres d'ordre toscan posés sur des piédestaux, eux-mêmes portés par un élément galbé. Les deux compartiments latéraux abritent des niches à coquille ; celui du centre porte une inscription commémorative. Sur les côtés, deux grandes volutes referment l'ensemble et l'inscrivent sans ambiguïté dans le baroque. Qui a l'œil pour les ordres remarquera pourtant une anomalie dans l'entablement : la frise n'est pas délimitée en bas par une architrave tripartite, comme le veut la règle, mais seulement en haut par une corniche surmontée de décors placés dans l'axe des pilastres.
La partie basse en dit davantage. Trois mascarons saillent du bassin et laissent couler l'eau : ce ne sont pas des ornements mais des figures apotropaïques, chargées d'éloigner le mal, et elles disent le mélange de dévotion et de superstition qui traverse la culture populaire de Barile et de tout le Vulture-Melfese. Deux volutes plus petites encadrent la vasque. Plus haut, sous la corniche, un médaillon porte la date de construction et une icône de la Vierge, la Madone de Constantinople, patronne du village ; les armoiries, soutenues par une autre figure apotropaïque, montrent une grappe de raisin au-dessus d'un tonneau.
La visite
La fontaine n'est plus là où elle est née. Elle occupait le côté opposé de la place ; après le tremblement de terre du Vulture de 1930, la place fut réaménagée et le monument démonté puis remonté pièce par pièce à son emplacement actuel. Il vaut la peine de le savoir, car ce que l'on regarde aujourd'hui est une recomposition et non une implantation d'origine. Elle est en plein air, visible à toute heure et gratuitement. Partez du médaillon du sommet et descendez du regard jusqu'aux mascarons : de la Vierge aux conjurations, le double registre du monument tient dans cette verticale.
Le conseil de la rédaction
Une fois trouvés le tonneau et la grappe des armoiries, cherchez le quartier Sheshi, à l'écart du centre : les 131 grottes creusées dans le tuf volcanique, aujourd'hui Parco urbano delle Cantine, sont l'endroit où cette grappe devient de l'Aglianico del Vulture, et c'est parmi ces caves que Pier Paolo Pasolini tourna en 1964 la Nativité de son Évangile selon saint Matthieu.
