🏰 Châteaux et palais

Castello angioino

📍 Atella, Basilicate · 43/100

Du château angevin d'Atella il reste une tour. Le tremblement de terre de 1694 a ruiné une bonne partie du bourg et s'est acharné sur le château : toute la fortification s'est effondrée, avec ses quatre tours de garde latérales, et il n'est resté debout que le corps de bâtiment que les habitants appellent encore la Torre Angioina. Le château est né avec la ville, et la ville n'a pas grandi peu à peu : Atella a été fondée sur plan, en damier, entre 1320 et 1330, par la volonté de Jean d'Anjou, fils du roi Charles II, comte de Gravina et seigneur de San Fele, Vitalba et Armaterra, qui promit dix ans d'exemption d'impôts à qui viendrait s'installer dans la ville neuve. Ils furent nombreux à venir, de Rionero, Monticchio, Lagopesole, Balvano, Sant'Andrea ; la ville eut des murs, deux portes et ce château.

À voir

La tour conservée est le seul morceau du château que l'on puisse encore regarder, le reste doit se reconstituer à partir des rares données restées. Un fossé profond courait tout autour, et les tours servaient à la garde : une vraie machine militaire, non la résidence de campagne d'un seigneur. Sous les Angevins, Atella comptait parmi les villes les plus riches de Basilicate et exportait céréales, fromages et charcuteries vers les grands centres du Midi ; le château défendait cette richesse.

Il a souvent servi. Il a subi deux sièges longs et sanglants, en 1361 et en 1496, et le second s'est achevé par le sac de la ville par l'armée française de Gilbert de Montpensier. Six ans plus tard, en 1502, le général aragonais Gonzalo Fernández de Córdoba prit Atella après une trentaine de jours de siège. En 1423, la ville était devenue fief de Giovanni Caracciolo, et après lui elle changea sans cesse de maître : Philibert de Chalon en 1530, Antonio de Leyva en 1532, puis les Capua, les Gesualdo, les Filomarino.

La visite

La tour se regarde d'en bas, dans le quadrillage de rues que le projet du XIVe siècle a laissé intact : après la tour, ce damier est ce qu'il y a de plus angevin à Atella. Des deux portes de la ville une seule subsiste, celle de San Michele ; elle mérite d'être cherchée, car c'est l'autre morceau restant des défenses.

Le conseil de la rédaction

Regardez les armes de la commune, sur les documents et sur le gonfalon bleu et jaune : une lionne d'or tient une boule de canon levée dans sa patte droite. Ce n'est pas un ornement, c'est le souvenir du siège de 1502, celui que le château n'a pas su repousser.

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