🏰 Châteaux et palais

castello di Trebiano

📍 Arcola, Ligurie · 47/100

En 963, un diplôme de l'empereur Otton Ier de Saxe mentionne le château de Trebiano : c'est la première preuve écrite de son existence, même si l'édifice lui-même est rattaché au Xe siècle ou à une période un peu antérieure. Ouvrage défensif et résidence épiscopale à l'époque féodale, il occupe la colline qui domine le bourg médiéval de Trebiano, aujourd'hui hameau d'Arcola, là où le bas Val di Magra s'ouvre sur la mer. De là-haut, on surveillait deux escales commerciales décisives : Lerici, utilisée surtout par la République de Gênes et par la France, et San Genesio, vers La Spezia, plaque tournante des échanges avec la Toscane.

À voir

Le château n'a pas une seule fenêtre. À leur place courent de longues meurtrières étroites, taillées dans une courtine qui atteint 20 mètres de hauteur : ici on regardait dehors, on ne se penchait pas. Le plan est carré, ou plus exactement sub-pentagonal, et les quatre grosses tours d'angle sont intégrées à la courtine au lieu de saillir comme des volumes autonomes.

L'histoire des propriétaires est une histoire de frontière. Le château appartint d'abord au diocèse de Luni, qui tenait les terres féodales entre la Ligurie et l'actuelle Lunigiana, et servit de résidence épiscopale : il resta au diocèse même lorsque, en 1039, le bourg passa aux premiers seigneurs de Trebiano, proches d'ailleurs des évêques de Luni. Au XIIIe siècle, il entra dans l'orbite de la République de Gênes. En 1442, lors d'un des nombreux soubresauts de la politique génoise, il fut pris par Antonio Biassa, membre d'une famille noble de La Spezia.

La visite

On rejoint Trebiano en voiture depuis la plaine d'Arcola par une montée étroite qui s'arrête en lisière du village ; le dernier tronçon se fait à pied, par les ruelles pavées qui grimpent entre les maisons. N'attendons pas un parcours muséal : ce qui subsiste, c'est la machine défensive, et la récompense, c'est la vue sur le Val di Magra et sur la mer. Prévoyons de bonnes chaussures, car la pente est réelle et le sol irrégulier.

Le conseil de la rédaction

Nous montons en fin d'après-midi, quand la lumière rasante creuse les meurtrières et que le fond de vallée s'embrase. Avant cela, regardons le château d'en bas, depuis la plaine : on comprend alors pourquoi il a été planté ici et nulle part ailleurs, pour contrôler d'un seul coup la route, le fleuve et la voie vers Lerici. Gardons ensuite un quart d'heure pour le tour extérieur des murailles, la meilleure partie de la montée.

Explorer Arcola

Toute la commune : guide, lieux, saveurs et événements.