En 1480, selon un récit transmis à Lerici depuis des siècles, trois pêcheurs — Colotto, Giacopello et Muzio — récupérèrent sur la falaise de Maralunga une peinture formée de trois panneaux représentant la Vierge et l'Enfant, tombée à l'eau très probablement lors du naufrage d'un navire. Ce panneau est aujourd'hui la patronne de la commune et se trouve ici à demeure depuis 1810, dans l'église Saint-François d'Assise, qui est pour cette raison aussi le sanctuaire de Notre-Dame de Maralunga. L'édifice n'est pourtant pas celui de la découverte : l'église du XIVe siècle, bâtie en pleine campagne alors que toutes les autres se serraient au bord de la mer, fut démolie en 1632 et relevée en quatre ans. Le 26 juillet 1636, les portes s'ouvrirent aux fidèles alors que le chantier durait encore ; la consécration eut lieu en septembre, par l'évêque de Luni-Sarzana Giovanni Domenico Spinola.
À voir
Sur le parvis subsiste une colonne surmontée d'une croix, qui appartenait presque certainement au bâtiment démoli ; sur le côté droit de la façade, en pierre rose de Ligurie, une épigraphe rappelle la consécration. À l'intérieur, une seule large nef repose sur six piliers, sous un plafond très haut que Luigi Agretti a peint à fresque en 1932. Des niches le long des murs abritent des autels de marbre du XVIIIe siècle, baroque tardif ligure.
La collection de peintures est de premier ordre. Domenico Fiasella, le peintre de Sarzane, a signé et daté de 1659 la Vierge à l'Enfant avec les saints Bernardin et François, venue de l'oratoire voisin des Disciplinati et comptée parmi ses chefs-d'œuvre ; de lui également le Saint Augustin qui hésite entre le sang du Christ et le lait de la Vierge. Dans le chœur, l'Assomption de la Vierge porte la date de 1657 et revient à Jan Miel, avec David et Salomon parmi les figures du bas. À gauche du maître-autel pend le grand Crucifix du XVe siècle, repeint plusieurs fois, que la tradition dit apporté de l'église détruite de Santa Marta, dans le vieux bourg. Les fonts baptismaux en marbre de Carrare portent la date de 1448 et proviennent de l'oratoire San Bernardino ; l'orgue fut construit en 1841 par la maison Agati de Pistoia.
La visite
L'église se trouve via Matteotti, un peu au-dessus du port de Lerici, et reste une paroisse en activité du vicariat de la Media Val di Magra, diocèse de La Spezia-Sarzana-Brugnato : l'ouverture suit surtout les horaires des offices, plus nombreux en été. La Madone de Maralunga occupe la chapelle qui lui est dédiée, dans un cadre de marbre posé au milieu du XIXe siècle ; le panneau est en réalité double, deux images de la Vierge à l'Enfant séparées par une colonne, et personne n'a jamais donné de nom au peintre. Sous la peinture, masquée par le cadre, court une inscription censée attester la découverte, mais les mots ne sont pas tous lisibles.
Le conseil de la rédaction
Nous conseillons de chercher le retable attribué à Paolo Gerolamo Piola : parmi les saints figure Érasme, protecteur des gens de mer, et derrière lui le peintre a placé le promontoire de Maralunga, encore reconnaissable depuis la côte. C'est la manière la plus directe de comprendre à quel point cette église appartient aux pêcheurs plutôt qu'aux estivants. Si l'occasion se présente, demandez à voir le médaillon d'argent de saint Érasme et la chape offerte par la famille Botti.
