Le plus ancien moulin à huile de Ligurie se trouve au fond d'une anse abritée, à Varignano Vecchio, dans le hameau des Grazie : deux pressoirs, les bassins de décantation et une cella olearia à ciel ouvert qui devait contenir au moins cinquante jarres, disposés selon les préceptes du De agricultura de Caton. La villa romaine qui les abritait a pris sa forme actuelle à l'époque syllanienne, entre 90 et 80 av. J.-C., au-dessus d'une construction plus ancienne de la fin du IIe siècle av. J.-C. dont sept pièces à décor pariétal et à sols soignés ont été reconnues. Les fouilles qui ont tout dégagé se sont étendues de 1967 à 1986, et certains proposent d'y reconnaître la villa parfaite au fond d'une baie bien abritée dont parle Varron.
À voir
L'ensemble se divise en deux : le quartier des maîtres, la pars urbana de 1320 mètres carrés, et la zone de production, la pars fructuaria de 1760, séparés par une cour de 4800 mètres carrés où travaillait le torcularium. Les appartements du dominus se développaient de plain-pied, avec un portique ouvert sur la mer, des atriums pavés de mosaïques et des pièces pour le jour et pour la nuit. Autour s'étendait un domaine d'environ 30 000 mètres carrés planté d'oliviers, peut-être avec des bois et des pâtures, et la villa disposait de sa propre darse : de là on rejoignait par mer les autres propriétés du golfe et le port de Luna, la Luni voisine.
Quand la production d'huile cesse au Ier siècle apr. J.-C., le quartier du régisseur, le vilicus, est reconstruit et doté d'un balneum privé, avec des salles chauffées et des bassins chauds et froids. Pour l'alimenter, on creuse une citerne à deux nefs, enduite de mortier hydraulique et couverte d'une voûte : une pièce presque sans équivalent parmi les édifices romains de l'Italie du Nord. La résidence reste fréquentée jusqu'au début du VIe siècle ; à partir de la fin du Xe, des moines remettent ces terres en culture et utilisent les ruines comme murs de terrasse, aux XVIIe et XVIIIe siècles s'élèvent les trois maisons de ferme, et la grande citerne, jamais entièrement ensevelie, sert de remise à outils et d'abri pour les bêtes.
La visite
Le site archéologique se trouve aux Grazie, sur la rive ouest du golfe de La Spezia, et comprend le musée qui conserve le mobilier des fouilles. C'est un site d'État : les jours et les horaires d'ouverture sont limités et méritent d'être vérifiés avant de partir. On y accède en voiture ou par les autocars de ligne entre La Spezia et Porto Venere, en descendant vers le village des Grazie ; le sanctuaire des Grazie est à quelques minutes à pied.
Le conseil de la rédaction
Nous conseillons de commencer par la cour du torcularium plutôt que par la maison de maître : c'est là que le reste s'explique, avec les pressoirs et les bassins alignés vers la cella olearia. Regardez ensuite la citerne à deux nefs par en dessous, pour les voûtes, puis sortez vers le Seno del Varignano, l'anse au fond de laquelle se trouvait la darse : le paysage qui a décidé un propriétaire romain à bâtir ici se lit encore.
