Le h au milieu du nom n'est officiel que depuis 1932 : il servait à distinguer cette ville d'une autre Rho, dans la province de Ferrare. Auparavant elle avait été Raude, Rodo, Rhaudum, et même Aro sur une carte du duché de Milan. Son plan conserve encore la centuriation romaine — cardo et decumanus se croisent toujours sur la place San Vittore — et en 1004 l'empereur Henri II, qui y avait fait étape, paya l'hospitalité en lui accordant le rang de bourg et un marché hebdomadaire : il se tient encore, chaque lundi, mille ans plus tard.
Le monde est passé par Rho en 2015 : le site de l'Expo Milano, construit à côté du pôle de Fiera Milano — l'un des plus grands quartiers d'exposition d'Europe — a fait de cette ville de banlieue une adresse internationale, relancée aujourd'hui par le district d'innovation MIND et le Human Technopole. La Rho historique résiste autour du sanctuaire de l'Addolorata, lieu de pèlerinage depuis le seizième siècle, avec son collège des Oblats. Au Moyen Âge, la ville comptait assez pour être détruite par Barberousse pendant le siège de Milan, et pour envoyer à la première croisade le semi-légendaire Giovanni da Raude, qui selon la tradition hissa la bannière chrétienne sur les murs de Jérusalem. Le Salone del Mobile et les grandes foires la remplissent par vagues : ceux qui voyagent pour affaires la connaissent bien, ceux qui vont à Milan en font une base astucieuse sur le métro.