Mégara Hyblaea fut une colonie grecque de Sicile, sur le territoire de l'actuelle Augusta. Elle fut fondée en 728 av. J.-C. par des colons venus de Mégare : Thucydide raconte que, conduits par l'œciste Lamis, ils s'arrêtèrent d'abord à Trotilon, l'actuelle Brucoli, puis à Léontinoi et à Thapsos, et s'établirent enfin ici, après la mort de Lamis, sur le conseil d'Hyblon, un chef des Sicules, dont la ville prit son second nom. Un siècle plus tard, elle fonda à son tour Sélinonte, à l'autre bout de l'île. Vers 483 av. J.-C., Gélon de Syracuse la prit après un long siège : il emmena à Syracuse les citoyens les plus riches et vendit les autres comme esclaves. Refondée par Timoléon après le milieu du IVe siècle av. J.-C., elle fut détruite pendant la deuxième guerre punique par les troupes du consul Marcellus, et ne fut plus reconstruite.
À voir
Aucune ville moderne ne s'est installée par-dessus, et c'est pourquoi elle conserve son plan urbain d'origine : au milieu du VIIe siècle av. J.-C., elle fut organisée selon un tracé régulier, avec une agora qui est l'une des premières connues. Sur le site, on voit l'agora avec les restes de deux portiques, les bains hellénistiques, l'hérôon, le prytanée, les restes des remparts, ceux d'un temple hellénistique et les fondations d'un temple archaïque, un atelier métallurgique et des dizaines de maisons.
Ce que l'on voit vient surtout des fouilles de l'après-guerre, menées par les Français Georges Vallet et François Villard et par les Italiens Luigi Bernabò Brea et Gino Vinicio Gentili. Les objets sont au musée archéologique régional Paolo Orsi de Syracuse : parmi eux un torse de kouros, un masque de théâtre du VIe siècle av. J.-C. et la céramique mégarienne polychrome.
La visite
Le site est à côté d'installations industrielles et souffrirait d'un manque d'entretien : l'ouverture, les horaires et l'état de la zone sont à vérifier avant d'y aller, sur le site de la Région sicilienne.
Le conseil de la rédaction
La pièce la plus connue de Mégara n'est pas ici mais à Syracuse : la Kourotrophos, une statue archaïque en calcaire d'une déesse mère en trône. Elle fut trouvée le 30 octobre 1952 en morceaux, 936 fragments, après le passage d'un marteau-piqueur pendant les terrassements de la raffinerie, et reconstituée un à un par le musée Paolo Orsi. Dès 1867, la voie ferrée Catane-Syracuse avait coupé le site en deux.

