Les remparts de Padoue sont l'ensemble des ouvrages défensifs érigés au fil des siècles pour protéger la ville, que l'on distingue en au moins quatre phases de construction principales : romaine, communale, carraraise et du XVIe siècle.
À voir
Des remparts romains, construits en opus quadratum autour de l'île formée par le cours originel du Brenta et probablement abattus par les Hongrois, ne subsistent que des tronçons fragmentaires réapparus en divers points de la ville. Les remparts de l'époque communale, eux, virent le jour à partir de 1195 dans le sillage de la paix de Constance, un chantier achevé en 1210 puis renforcé durant la tyrannie d'Ezzelino III da Romano ; d'importants tronçons subsistent autour du Castello et près de la Porta Molino, ainsi que les portes Molino et Altinate. Les remparts carrarais du XIVe siècle, qui suivaient presque le même tracé que les fortifications du XVIe siècle qui leur succédèrent, ne sont aujourd'hui visibles qu'en quelques points, comme sur la piazza Accademia Delia, face au Castelvecchio, l'exemple le plus éclatant de l'architecture militaire de cette période.
Les remparts du XVIe siècle, construits par la République de Venise en prévision de l'affrontement avec la Ligue de Cambrai et culminant dans le siège de 1509 mené par l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg, développèrent un système défensif organique de murs, d'eaux et d'espaces verts, avec la contribution décisive de l'ingénieur militaire Bartolomeo d'Alviano ; jugés imprenables à l'époque, ils ne furent jamais réellement franchis au combat. Avec la chute de la Sérénissime en 1797, les remparts perdirent leur importance militaire, restant utiles comme limite douanière ; après le rattachement au royaume d'Italie en 1866, la modernisation urbaine y ouvrit plusieurs brèches, tandis que bastions et terre-pleins furent réutilisés comme sanatoriums et décharges, jusqu'à l'agrandissement au XXe siècle de l'hôpital universitaire sur un ancien bastion.
La visite
Presque toutes les portes Renaissance sont conservées et se voient librement depuis l'extérieur ; les tronçons de remparts les plus impressionnants se parcourent à pied ou à vélo le long des itinéraires balisés par les associations locales.
Le conseil de la rédaction
Les remparts sont aujourd'hui au cœur d'un débat ouvert sur leur mise en valeur, entre ceux qui proposent l'anneau vert continu imaginé par l'urbaniste Luigi Piccinato et ceux qui critiquent des interventions récentes comme le monument controversé «Memoria e Luce» de l'architecte Daniel Libeskind : avant la visite, mieux vaut se renseigner sur ce débat encore vif.










