Ce qui rend célèbre cette commune de la Lessinia se trouve presque entièrement sous les pieds ou dans la roche. Au nord du Corno d'Aquilio s'ouvre la Spluga della Preta, un système de grottes karstiques exploré jusqu'à environ mille mètres de profondeur, longtemps tenu pour la grotte la plus profonde du monde. Au sud-est, à pic sur le vajo della Marciora, il y a le pont de Veja: un pont de pierre naturel, ce qui reste de la lente érosion du fond d'un antre effondré. Et dans les carrières de scaglia rossa, exploitées ici depuis des siècles, on continue de récupérer des fossiles d'une mer du Crétacé: des requins longs jusqu'à six mètres, des raies, des tortues, des mosasaures. Pour les garder ensemble, la commune a un musée paléontologique et préhistorique.
Cette richesse même a pourtant produit une escroquerie mémorable. Sur le mont Loffa on découvrit d'énormes quantités de silex taillés, tenus pour authentiques et distribués dans la moitié de l'Europe; puis on s'aperçut qu'ils avaient été fabriqués par des gens du coin et placés exprès dans les sites où l'on fouillait. Le nom du village, heureusement, est plus simple: Alfaedo veut dire «à la hêtraie» et est attesté dès 1285 sous la forme Faetum, tandis que sainte Anne est la patronne. Les premières règles écrites de la zone se trouvent dans un parchemin de 1246, conservé aux archives d'État de Vérone, qui fixait les limites de la Valpolicella. Et une chose moderne: dans le hameau de Cerna siège Telepace, la première télévision catholique italienne, de l'expérience de laquelle, et en lien avec elle, naquit ensuite la télévision vaticane.