Au XIIe siècle, la pieve Santo Stefano commandait un vaste territoire : les communautés de Ponzano, Albiano et Caprigliola ainsi que les chapelles de Bibola et Burcione relevaient de sa juridiction. De cette église ancienne, un établissement roman connu sous le nom de pieve Santo Stefano di Cerreto, il ne reste presque rien, car on a bâti deux fois par-dessus : d'abord l'édifice attesté en 1324, puis l'église actuelle. Ce que l'on visite est donc la troisième couche d'un même point.
À voir
La reconstruction définitive porte la signature de Ferdinando d'Andrea, architecte génois : l'église du XIVe siècle fut démolie et refaite en style baroque génois, les travaux s'achevant en 1776. Tout changea, à commencer par le plan : de la nef unique de tradition lunigianaise, un seul maître-autel et un plafond voûté, tel qu'il avait été aménagé au XIVe siècle sous la République de Lucques, on passa à une croix grecque avec six chapelles latérales, chœur et coupole au centre.
Les trois autels sont dédiés à saint Étienne, à saint Félix et à la Mère de la Consolation. Sur le maître-autel se dresse la statue du patron, œuvre du sculpteur carrarais Giovanni Antonio Cybei ; les fresques sont de Carlo Morgari. Au-dessus de l'entrée principale, en contre-façade, se trouve un orgue suspendu. L'église est inscrite au catalogue des biens culturels italiens et reste le repère paroissial du bourg.
La visite
L'église donne sur la piazza Chiesa, au centre de Santo Stefano di Magra, à quelques pas de la rue principale : on y arrive à pied depuis n'importe quel point du bourg, sans voiture. C'est une paroisse du vicariat de Sarzana, diocèse de La Spezia-Sarzana-Brugnato : les horaires suivent les offices, et la messe dominicale reste le moment le plus sûr pour trouver la porte ouverte et les lumières allumées sur les chapelles.
Le conseil de la rédaction
Notre conseil : essayez de l'entendre, pas seulement de la voir. Ici chante le Coro San Leonardo, né en 1985 d'un groupe de jeunes paroissiens. Parti du répertoire liturgique, il est passé à Vivaldi, Bach, Mozart et Haendel, puis au gospel, au point que le compositeur américain Nehemiah Hunter Brown est citoyen d'honneur de Santo Stefano di Magra depuis 2000. Un concert sous cette coupole vaut le déplacement bien plus qu'une visite d'église vide.
