Avant le dix-neuvième siècle Palagianello était une commune à part entière. Elle l'était en vertu des pragmatiques de Ferrante I d'Aragon, comme Università, et la preuve tient dans une liste : celle des Università tenues de payer sept grana par feu pour entretenir les compagnies des Cavallari, qui parcouraient le littoral, donnaient l'alarme aux caporaux des tours et couraient avertir les habitants menacés. Pour Palagianello la tour de référence était Torre Lato, qui existe encore. À la tête de la « Magnifica Università di Paligianello » se tenait le maire avec trois élus, et chaque 14 août le maire en charge convoquait les citoyens par bans dans l'église de San Pietro Apostolo, qui appartenait à la commune par possession ancienne et était le seul lieu où l'on se réunissait pour traiter les affaires publiques : les élections se faisaient le lendemain. Puis les lois de 1806 abolirent, avec les fiefs, les Università elles aussi, et les localités de moins de mille habitants pouvaient être rattachées à leurs voisines : Palagianello devint un hameau de Palagiano, qui administrait les revenus de ses bois et de ses pâtures et lui donnait peu en retour.
Entre la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième le mécontentement devint une demande : passer à Mottola ou redevenir commune. La proposition fut renvoyée fois après fois, jusqu'à ce qu'un homme du dehors s'en mêle. Davide Lenge, ancien séminariste originaire de Ginosa et ici écrivain public, fit croître l'intérêt des habitants pour la chose publique, et naquirent la Ligue des paysans et la Coopérative de consommation. Le 9 octobre 1906 le conseil municipal de Palagiano mit enfin la question à l'ordre du jour et l'approuva ; la loi du 6 juin 1907 rendit à Palagianello sa commune. Les armes, fixées en 1913, portent une vache au pâturage avec son veau qui tète, d'argent sur champ d'azur, et une devise latine, Medicina Dei, qui est ce que signifie le nom de l'archange Raphaël. Et dans la gravina, le 10 mai 1962, sur le signalement de deux bergers de la famille Manisi, on a trouvé l'abri qui porte leur nom : le premier site paléolithique de la province de Tarente, avec des outils de néandertaliens et de sapiens.