L'installation des frères mineurs capucins à Taormine remonte à 1559, année où la communauté religieuse fixa son siège dans le quartier des Cappuccini, sur l'emplacement de la première église d'époque aragonaise dédiée à sainte Catherine d'Alexandrie d'Égypte. L'ensemble réunit l'église Sant'Antonio di Padova et le couvent voisin, où saint Annibale Maria Di Francia fonda en janvier 1902 l'orphelinat antonien pour filles. Remanié par des travaux de restauration en 1964, l'édifice relève de l'archidiocèse de Messine-Lipari-Santa Lucia del Mela.
À voir
L'intérieur s'organise autour d'une vaste nef unique, bordée à droite par des autels adossés au mur et à gauche par trois grandes chapelles qui communiquent entre elles. Le maître-autel en bois est surmonté d'une grande toile peinte à l'huile vers 1646 par le frère capucin Umile da Messina : elle représente la Vierge à l'Enfant entre sainte Anne et saint Joseph, tandis qu'au centre un ange offre à l'Enfant Jésus la ville de Taormine. Au registre inférieur apparaissent saint Pancrace — peint sous les traits de l'archidiacre le père Bonaventura —, sainte Catherine d'Alexandrie avec la roue de son martyre, saint François d'Assise et saint Dominique. La petite porte du tabernacle en bois porte la date gravée de 1780, et à droite de l'autel se dresse une chaire en bois desservie par un escalier encastré dans la maçonnerie.
Le long du mur de droite, on remarque la statue de saint Antoine de Padoue et le tombeau du baron allemand Filippo Sigismondo di Weitershausen, tombé à la bataille de Francavilla di Sicilia en juin 1719. Les chapelles du mur de gauche abritent un patrimoine artistique et dévotionnel de premier plan : la chapelle du Très Saint Crucifix conserve la sculpture miraculeuse au milieu des tableaux de la Vierge des Douleurs, de saint Jean l'Évangéliste et des scènes des mystères douloureux. Viennent ensuite la chapelle de l'Enfant Jésus de Prague — avec un ossuaire commun dont l'entrée porte la date de 1596 et la sépulture de Sebastiano Melita — puis la chapelle de San Lorenzo Martire, ornée d'une toile où le saint rend la vue à un aveugle.
La visite
L'église garde la mémoire des rites pénitentiels accomplis lors des grandes calamités naturelles. Pendant les éruptions de l'Etna de 1693 et de 1780, marquées par des séismes et une grave sécheresse, le Crucifix du XVIIe siècle fut porté en procession solennelle jusqu'au monastère de Santa Maria di Valverde, sur la piazza Badia, pour implorer la pluie et l'apaisement du volcan. Dans le sol des chapelles et de l'espace presbytéral, on distingue les trappes des ossuaires communs et les dalles funéraires de personnalités locales et d'armées étrangères.
Le conseil de la rédaction
Observe attentivement le centre du grand retable d'Umile da Messina : l'ange placé à gauche du registre médian tient une minuscule maquette du XVIIe siècle reproduisant la silhouette urbaine de Taormine.
