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⛪ Églises et sanctuaires

Duomo di Cefalù

📍 Cefalù, Sicile · 59/100

Le 1er mai 1131, le roi normand Roger II lança la construction de la basilique cathédrale de la Transfiguration à Cefalù, en liant la fondation au vœu formulé après avoir échappé à une tempête en mer. Au-delà du récit traditionnel, le souverain entendait élever une église dynastique et monumentale sur le modèle carolingien-normand, avec tours jumelles et avant-corps. Inscrite depuis 2015 au patrimoine mondial de l'UNESCO dans l'itinéraire arabo-normand de Palerme, Cefalù et Monreale, et déclarée monument national en 1941, la cathédrale mêle des éléments romans d'Europe du Nord, des traits byzantins et des décors arabo-normands.

À voir

La façade est encadrée par deux tours quadrangulaires allégées de baies géminées et de fenêtres simples, couronnées au XVe siècle par des flèches différentes : l'une à plan carré, aux merlons en forme de flamme, symbolise l'autorité pontificale, l'autre à plan octogonal, aux merlons gibelins, représente le pouvoir royal. Entre les tours s'insère le portique à trois arcades réalisé en 1472 par Ambrogio da Como, qui protège la Porta Regum et son portail de marbre décoré. À l'extérieur de l'abside centrale et des absidioles ressortent des arceaux entrecroisés et de grands corbeaux sculptés du XIIe siècle représentant des visages zoo-anthropomorphes, proches des motifs du Calvados à Caen. L'intérieur en croix latine est divisé en trois nefs par seize colonnes de remploi (quatorze en granit rose et deux en cipolin) surmontées de chapiteaux romains du IIe siècle après J.-C., tandis que deux chapiteaux figurés du XIIe siècle soutiennent l'arc triomphal. Le plafond en bois de la nef centrale conserve des reliefs peints avec des figures et des animaux fantastiques attribués à des artisans arabes. Dans le presbytère surélevé resplendit le cycle de mosaïques byzantines commandé par Roger II à des maîtres venus de Constantinople vers 1145 et exécuté sur plus de 600 mètres carrés. Dans le cul-de-four domine le Christ Pantocrator, qui tient l'Évangile de Jean ouvert sur les lignes en grec et en latin « Je suis la lumière du monde ». Sous la figure du Christ s'alignent la Vierge orante entre les quatre archanges et les registres avec les apôtres et les évangélistes. Parmi les œuvres figurent des fonts baptismaux du XIIe siècle taillés dans un seul bloc avec quatre lions, le crucifix de bois peint par Guglielmo da Pesaro en 1468, la fresque d'Urbain V de la fin du XIVe siècle, une toile de l'atelier d'Antonello Gagini et 72 vitraux abstraits contemporains réalisés par Michele Canzoneri à partir de 1985. Sous les structures a également été mis au jour un fragment de mosaïque polychrome paléobyzantine du VIe siècle.

La visite

On entre dans la cathédrale par le parvis surélevé, un ancien cimetière que la tradition voulait recouvert de terre apportée de Jérusalem. À l'extérieur de la cathédrale, le long du flanc nord et situé 3,40 mètres en dessous du transept, se développe le cloître médiéval. L'ensemble rectangulaire, modèle des constructions siciliennes ultérieures comme Monreale, conserve l'exceptionnel cycle de chapiteaux figurés sur colonnettes géminées le long des galeries sud et ouest, cette dernière reconstruite au début du XXe siècle et rouverte au public en 2003 après une restauration conservatrice.

Le conseil de la rédaction

En parcourant la nef centrale, arrête-toi pour observer l'asymétrie des deux flèches du XVe siècle et le décor des corbeaux extérieurs des absides : tu saisiras la fusion inhabituelle entre la verticalité gothico-normande des galeries du transept et l'or éclatant de l'abside byzantine.

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