Roger Ier en fit le vœu pendant la bataille de 1072 contre les Sarrasins : la cathédrale du Très-Saint-Sauveur est née comme un remerciement, bâtie entre 1086 et 1093 sous la direction d'Etienne de Rouen, sur les ruines d'une ancienne basilique que les Sarrasins avaient détruite en 828. C'est l'église mère du diocèse de Mazara del Vallo, et sous son habit baroque elle garde encore le plan normand voulu par le Grand Comte.
À voir
La façade suit les modèles nord-européens apportés par les Normands — double tour, transept à trois absides de type clunisien — mais au XVIIe siècle elle a été habillée d'une enveloppe baroque. L'intérieur se divise en trois nefs sur colonnes toscanes et arcs en plein cintre ; des coupoles couvrent la croisée et les bras du transept, revêtues à l'extérieur de faïence colorée. La coupole centrale, elliptique, abrite le Jugement dernier peint à fresque par Rosario Spagnolo, de Cefalù, entre 1910 et 1914. La pièce la plus célèbre est au presbytère : la Transfiguration sur le mont Thabor, six statues de marbre — le Christ transfiguré, Moïse, Élie, Pierre, Jacques et Jean —, commandée à Antonello Gagini en 1532 et menée à terme par son fils Antonino en 1537. En 1576-77, l'évêque Antonio Lombardo démonta l'ensemble pour construire une fausse montagne qui imitait les pentes du Thabor. Dans le transept, les Gagini reviennent : le ciborium d'Antonello et la statue de saint Vincent de 1537, tandis que la chapelle de Maria Santissima del Soccorso conserve la Madonna del Soccorso de Domenico Gagini et une fresque du XIIIe siècle représentant le Christ Pantocrator. Dans la nef droite, le portail de saint Gilles, marbre de Bartolomeo Berrettaro de 1525 à huit compartiments, précède deux sarcophages romains ornés d'une amazonomachie et de la chasse de Méléagre.
La visite
Sous l'arc triomphal a été placée une croix de bois peinte d'un maître sicilien anonyme du XIIIe siècle, avec le Christ crucifié sur une face et l'Agnus Dei entre les symboles des quatre évangélistes sur l'autre. Les stucs des nefs, et surtout ceux de la nef centrale dus à Pietro Orlando, méritent un regard lent. L'église actuelle est le fruit de la reconstruction lancée le 18 juin 1690 par l'évêque Francesco Maria Graffeo, sur un projet du Trapanais Pietro Castro, et achevée en 1694 ; en 1980, Jean-Paul II l'a élevée au rang de basilique mineure.
Le conseil de la rédaction
Entre quand la lumière arrive de côté : les coupoles de faïence et la gloire dorée de la chapelle du Très-Saint-Sacrement changent du tout au tout. Et ne te contente pas de la Transfiguration vue de loin — approche-toi des deux niches latérales du presbytère, où apparaissent les figures agenouillées de l'évêque Antonio Lombardo et du Grand Comte Roger, les deux hommes qui, à cinq siècles de distance, ont lié leur nom à cette église.
