Le nom désigne un petit tertre de terre, du latin grumulus, et les «Abbadesse», les abbesses, rappellent qui administrait le lieu : les bénédictines du monastère de San Pietro de Vicence. En 1004, l'évêque Liudigerio leur concéda la pieve de Grumolo avec les dîmes, le village qui la jouxtait et le bois qui en dépendait, et c'est à l'abbaye que l'on doit l'assainissement des terres, l'assèchement des marais et les canaux. Du château il n'est resté aucun document, et pourtant il existait bel et bien : il figure parmi les châteaux épiscopaux que le diplôme d'Otton III de l'an mille exemptait de la taxe du fodrum. La tradition le place là où s'élève aujourd'hui l'église paroissiale.
La juridiction des religieuses dura jusqu'en 1797, quand tomba la République de Venise et qu'arrivèrent les Français : presque huit siècles. Et ce qu'elles ont laissé n'est pas seulement le nom, car c'est elles qui ont apporté le riz à Grumolo, à partir du seizième siècle : le vialone nano d'ici a des grains minuscules et il est presidio Slow Food, et la fête du village, en septembre, est la fête du riz. À Vancimuglio se dresse la villa Chiericati, sans doute sur un projet de Palladio, et à Sarmego la villa Godi Piovene, bâtie en 1597 sur un dessin de Vincenzo Scamozzi, avec une chapelle que tout le monde appelle la Favallina, du nom du fossé qui est devant.