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Les 5 fêtes religieuses les plus incroyables d'Italie

BigItalia · Publié le 23/09/2026

En Italie, presque chaque commune a son saint et sa fête, et la plupart se résument à une messe, une procession et un feu d'artifice le soir. Et puis il y a les fêtes qui ne ressemblent à aucune autre : des villes entières qui, le temps d'une journée, ne vivent que pour cela, des rites répétés à l'identique depuis des siècles, des moments où la dévotion devient un spectacle qui laisse sans voix même ceux qui ne croient pas. Nous en avons choisi cinq, de Gubbio à Trapani, avec la date pour les noter dans l'agenda.

Les cinq fêtes

1. Sainte Agathe, Catane

Quand : du 3 au 5 février.

C'est l'une des fêtes religieuses les plus suivies au monde. Le 3 février, l'offrande de la cire et les carrosses du Sénat du XVIIIe siècle ouvrent les festivités ; à l'aube du 4, après la messe de l'Aurore, le brancard d'argent portant les reliques de la sainte sort de la cathédrale pour le tour extérieur de la ville. Il est tiré par deux longues cordes par les fidèles vêtus du sacco blanc, qui crient « Semu tutti devoti tutti », nous sommes tous dévots. Le 5, la procession remonte la via Etnea entre les candelore, les lourds cierges sculptés des corporations portés à l'épaule avec une démarche balancée que les Catanais appellent « annacata ». Sur les étals, on trouve les minne di Sant'Agata, petites cassate blanches surmontées d'une cerise confite, qui rappellent le martyre de la jeune Catanaise. La sainte a aussi une fête d'été, le 17 août, pour le retour de ses reliques de Constantinople en 1126 (la fiche de la fête).

2. La Festa dei Ceri, Gubbio

Quand : le 15 mai.

Trois grandes tours de bois, surmontées des statues de saint Ubald, saint Georges et saint Antoine abbé, sont portées en courant dans les rues puis jusqu'en haut du mont Ingino, jusqu'à la basilique où repose le saint patron. Ce n'est pas une reconstitution : la fête se répète chaque année depuis au moins le XIIe siècle, et c'est l'une des plus anciennes d'Italie. Arriver le premier n'est pas le but, car l'ordre est toujours le même : ce qui compte, c'est de porter son cero sans le faire tomber. Le poids de la fête pour l'Ombrie se voit jusque sur son drapeau : depuis 1973, trois ceri stylisés sont le symbole de la Région (la fiche de la fête).

3. Le Festino de Santa Rosalia, Palerme

Quand : mi-juillet, avec la nuit principale du 14 au 15.

« Viva Palermo e Santa Rosalia » est le cri qui accompagne depuis quatre siècles u fistinu, la fête que la ville consacre à sa patronne depuis 1624, quand la fin de la peste fut attribuée à ses reliques retrouvées sur le mont Pellegrino. Le soir du 14 juillet, le char triomphal portant la statue de la Santuzza parcourt le Cassaro, du Palais royal au Foro Italico, entre musique, théâtre et des milliers de personnes. Le final, ce sont les feux d'artifice tirés au-dessus de la mer ; le 15, la fête continue avec la procession des reliques dans le centre historique (la fiche de la fête).

4. La Madonna della Bruna, Matera

Quand : le 2 juillet.

La fête se célèbre chaque année depuis 1389, quand le pape Urbain VI institua à cette date la fête de la Visitation, en s'appuyant sur une dévotion qui existait déjà dans la ville. Ce qui la distingue de toutes les autres, c'est la fin. Le char triomphal en papier mâché, construit pendant des mois par un artisan choisi chaque année, promène la statue dans la ville puis, sur la place, il est pris d'assaut par la foule et mis en pièces : celui qui parvient à emporter un fragment le garde comme souvenir et comme protection. Chaque année le char est détruit, et chaque année il est reconstruit à partir de rien (la fiche de la fête).

5. La procession des Misteri, Trapani

Quand : le Vendredi saint.

Vingt groupes sculptés en bois, toile et colle, qui racontent la Passion du Christ, sortent l'après-midi du Vendredi saint et traversent la ville toute la nuit, portés à l'épaule par les représentants des ceti, les anciennes corporations de métiers. La procession se termine vers deux heures de l'après-midi le samedi, et elle est ouverte par la Séparation, le groupe entretenu par les orfèvres. Le pas est lent et balancé, au rythme des fanfares qui jouent des marches funèbres. Le reste de l'année, les Misteri se trouvent dans l'église du Purgatoire, où l'on peut les voir de près (les fêtes de Trapani).

Les autres à noter dans l'agenda

En 2013, l'UNESCO a inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité le réseau des grandes structures processionnelles portées à l'épaule en Italie : la Macchina di Santa Rosa à Viterbe, le 3 septembre, les Gigli de Nola en juin, la Varia de Palmi en août et les Candelieri de Sassari, qui descendent à travers la ville le 14 août. Dans les quatre cas, des structures énormes sont soulevées et portées dans les rues par des centaines d'hommes. Et à Enna, le 2 juillet, la statue de la Vierge de la Visitation voyage sur la Nef d'or de 1590, portée par 124 confrères dans la ville haute.

Comment les voir

Ces fêtes attirent des foules immenses : pour Catane, Palerme et Gubbio, mieux vaut réserver son hébergement des mois à l'avance et arriver la veille. Les horaires changent d'une année à l'autre et sont publiés par les comités des fêtes et les diocèses. Chaque fête a sa fiche dans la rubrique événements de sa commune, et l'agenda du vendredi signale les dates à mesure qu'elles approchent.

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