Le 19 mai 963, l'empereur Otton Ier accorde à Adalbert, comte-évêque de Luni, le fief du château de Vezzano avec ses fortifications et sa cour : c'est le premier document qui nomme le bourg. La forteresse était née peu avant, vers le Xe siècle, lorsqu'une enceinte de murs en pierre sèche s'est refermée, au sommet de Vezzano Superiore, sur le château et sa tour. De ce noyau il ne reste aujourd'hui que des ruines, sur la crête qui sépare le golfe de La Spezia du val di Magra.
À voir
Les vestiges occupent le point le plus haut du village du dessus, l'un des deux bourgs perchés qui composent Vezzano avec Vezzano Inferiore, reliés par la route de crête le long de laquelle s'étire, depuis le XIXe siècle, la construction moderne. N'attendez pas un château restauré : il reste des maçonneries, des tronçons d'enceinte, l'empreinte au sol d'une fortification que le temps a démontée. La raison de monter, c'est la position. D'ici on tient sous les yeux le golfe, la plaine de la Magra et l'entrée du val di Vara, soit trois des quatre districts qui découpent le territoire de La Spezia, et l'on comprend pourquoi, au haut Moyen Âge, le bourg a grandi autour d'un poste fortifié gardant le col entre la mer et la vallée.
Qui tenait le col tenait le pouvoir. Les seigneurs de Vezzano, les Domini de Vethano, furent vassaux de l'évêque de Luni du Xe au XIIIe siècle et, de gardiens de château, devinrent des maîtres influents en Lunigiana et en Ligurie orientale. Le 13 mai 1202, le concordat de Terrarossa met fin aux litiges entre l'évêque Gualtiero II et les Malaspina d'un côté, les nobles de Vezzano de l'autre. Puis Gênes arrive : par l'acte de fidélité de 1253, la République prend la part du fief la plus proche de la côte et, en 1276, achève l'annexion en rachetant les biens du comte Nicolò Fieschi. Dès lors, le château compte de moins en moins.
La visite
La gare de Vezzano Ligure, sur les lignes Gênes-Rome et Parme-La Spezia, se trouve en contrebas du centre ancien ; en voiture, on sort de l'A15 entre Santo Stefano di Magra et La Spezia. Le dernier tronçon monte de toute façon, par les ruelles du bourg. Il n'y a ni parcours aménagé ni musée : ce qui subsiste se regarde de l'extérieur et sert de prétexte au panorama. Autour des ruines, le village haut vaut une demi-heure : l'église paroissiale Nostra Signora del Soccorso, du XVIIIe siècle, l'oratoire désaffecté San Michele Arcangelo et ce qui reste de l'église San Siro, du XIIe siècle, abattue en partie en 1880 pour laisser passer la route.
Le conseil de la rédaction
Nous la faisons en descente : de Superiore à Inferiore par la vieille route de crête, celle que les habitants empruntent depuis des siècles. À mi-chemin se dresse l'Ospitale di San Nicola, refuge pour voyageurs et malades déjà actif au XIVe siècle, avec une plaque de marbre datée de 1705 en façade. On finit sous la tour pentagonale de Vezzano Inferiore, toujours debout et en bon état : la voir après les ruines d'en haut est la façon la plus rapide de mesurer ce qui a disparu là-haut.
