En 1750 les gens de Cellino, épuisés par la famine et par les impôts, prirent d'assaut le palais du comte. Ce palais, au Largo Castello, était à l'origine le château médiéval du village : en 1578 le comte Giovanni Antonio Albrizzi, qui avait acheté le fief à la cour royale, en fit une résidence seigneuriale et l'agrandit ; son fils élargit encore la partie de la tour carrée ; et à partir de 1742 le comte Nicola Pasquale Chyurlia lui donna sa forme actuelle, ajoutant l'aile gauche et faisant sculpter sur la pierre de l'entrée les armes aux lions rampants. Dans le cadastre de 1756 le palais était encore inscrit à son nom ; puis il fut vendu, passa de main en main et finit à l'abandon. Depuis quelques années il a été récupéré, et l'on y a installé le musée municipal.
L'église paroissiale raconte en revanche un autre changement. La plus ancienne s'élevait en bordure du château et avait été fondée au onzième siècle comme chapelle de moines basiliens, dépendant de l'abbaye de Sant'Andrea près de Brindisi ; au quinzième siècle, après le renvoi des Grecs, elle fut abandonnée, mais entre-temps la population croissait, et en 1693 l'église fut rebâtie à neuf en style baroque, avec deux clochers jumeaux terminés en flèche. Le plus ancien vestige du territoire, lui, ne se trouve plus : c'était une tombe énéolithique en forme de four dans le bois de Li Veli, et aujourd'hui on ne peut même plus la localiser. Pendant le Risorgimento se constituèrent à Cellino une vente de carbonari, appelée La Plèbe au Mont Sacré, et une section de la Jeune Italie ; la commune passa de Lecce à la nouvelle province de Brindisi en 1927. Ici est né, en 1943, le chanteur Al Bano Carrisi.