Sous la cathédrale d'Acerenza se trouvent deux édifices plus anciens: une église paléochrétienne et, en dessous, ce qui restait d'un temple romain dédié à Hercule Acheruntinus. Le chantier de l'église actuelle s'ouvre en 1059 grâce à la générosité de Robert Guiscard et à l'évêque Godano; il s'achève sous son successeur Arnaldo, avec des ouvriers français mis à disposition par les Normands. De là vient le déambulatoire à trois absides divergentes autour du chœur, solution rare en Italie. Le tremblement de terre de 1456 et une longue série d'archevêques non résidents la laissèrent à l'abandon; la restauration complète n'arriva qu'en 1524, voulue par les comtes Ferrillo.
À voir
La façade est asymétrique parce que le rampant de droite est interrompu par le clocher, remanié en 1555 par maître Pietro di Muro Lucano, dont le nom reste lisible sous la première fenêtre. Dans la maçonnerie de la tour sont pris des fragments de sarcophages romains portant les visages des défunts et les restes d'un autel funéraire; des cinq cloches, la plus grande date de 1854 et est l'œuvre de Girolamo Olita. Le portail central, de type roman des Pouilles, garde un porche mutilé: à la base des colonnettes, les lions manquent, et l'un d'eux se trouve aujourd'hui en haut, à l'angle gauche de la façade. Sur les consoles, des lions et des singes agrippés à deux figures humaines. Au-dessus du portail, les armes des Ferrillo et le bas-relief du Basilic, qui appartenait à l'ancien blason de la ville.
À l'intérieur, 69 mètres de long sur 23 de large, trois nefs séparées par dix piliers et une charpente apparente. Dans le transept droit, le polyptyque d'Antonio Stabile de 1583, avec la Vierge du Rosaire et quinze scènes; dans le transept gauche, sa Pietà, sous une arcade de marbre. Le presbytère surélevé tourne autour du chœur avec trois chapelles rayonnantes; dans la première, dédiée à saint Michel, la balustrade d'Anton Ludovico Antinori. En dessous, la crypte des Ferrillo, consacrée en 1524 et bâtie sur le modèle de la chapelle du Succorpo de San Gennaro à Naples: quatre colonnes centrales, une voûte d'arêtes à neuf travées, des fresques de Giovanni Todisco da Abriola et le tombeau aux portraits de Giacomo Alfonso Ferrillo et Maria Balsa.
La visite
On entre par le portail central; la petite porte de gauche mène au musée de la cathédrale, où est conservé le buste en marbre de l'empereur Flavius Claudius Julianus, longtemps dressé sur la façade et pris pour saint Canio. On descend à la crypte par les escaliers latéraux aménagés en 1953, quand l'accès au presbytère fut refait. L'église est basilique mineure depuis 1954.
Le conseil de la rédaction
Avant d'entrer, faites le tour extérieur de l'abside et regardez de près les pierres taillées de la partie haute, sous la corniche d'arceaux: elles sont couvertes de lichens qui changent de couleur dès que le temps passe du sec à l'humide. La cathédrale que vous avez vue au soleil n'est pas celle que vous verrez après la pluie.
