Jusqu'en 1952 le bourg s'appelait Bieda ; cette année-là il reprit le nom qu'il avait dans l'Antiquité, Blera, celui qu'enregistrent Strabon, Pline et la Table de Peutinger et que le Moyen Âge avait usé en Bleda puis en Bieda. Ce qu'il signifie n'est pas clair : certains l'ont rapproché d'un mot prégrec désignant une espèce d'ortie, d'autres, de façon toute hypothétique, d'un nom de personne étrusque. Le bourg est posé sur une langue de tuf au confluent de deux torrents, et sa grande époque fut l'étrusque, quand il se trouvait au croisement des routes qui reliaient Cerveteri et Tarquinia aux cités de l'intérieur. La via Clodia y passait : il en reste des tronçons taillés dans la roche et deux ponts, celui du Diable et celui de la Rocca, du premier et du deuxième siècle avant Jésus-Christ.
Blera fut parmi les premiers diocèses et eut ses propres évêques de 457 à 1093, quand elle fut unie à celui de Toscanella ; la tradition donne comme premier d'entre eux saint Vivenzio, qui en est encore le patron et qui figure en habits pontificaux sur le gonfalon communal. Le pape Sabinien y naquit, et l'on a longtemps cru que Pascal II en était aussi : c'est pourquoi le bourg a encore une place des Papes, dédiée à deux pontifes dont un seul était vraiment le sien. En 772, le roi Didier l'assiégea et la détruisit ; en 1247, l'armée de Frédéric II la détruisit de nouveau, par représailles contre la famille qui la tenait. Ses plus anciens statuts communaux conservés sont de 1515. À partir du dix-neuvième siècle, les nécropoles alentour attirèrent les archéologues d'Europe : une mission allemande vint en 1914, et vers les années soixante l'Institut suédois, avec la participation directe du roi de Suède, commença l'étude systématique qui mit au jour les villages de San Giovenale et de Luni sul Mignone.