Installé dans les anciennes écuries restaurées du couvent attenant au sanctuaire de Gibilmanna, un hameau de Cefalù, le Museo Fra Giammaria da Tusa rassemble la mémoire historique, artistique et matérielle de la communauté franciscaine et capucine. La collection montre comment les frères vivaient en autarcie et comment ils priaient, à travers un vaste choix d'objets liturgiques, d'œuvres d'art sacré, de livres anciens et d'outils de la vie quotidienne et paysanne des Madonie.
À voir
Le parcours se déploie dans dix salles, chacune portant le nom d'une figure clé de l'histoire du couvent et de l'ordre : de saint François et saint Grégoire le Grand à des frères du cru comme le père Sebastiano da Gratteri, fondateur du couvent capucin en 1504, et les frères Urbano et Sigismondo da Pollina, à qui l'on doit la construction de l'église. Parmi les œuvres exposées, on remarque une Pietà en marbre de Jacopo del Duca (1522-1604), natif de Cefalù, deux sculptures du XVIIe siècle en bois polychrome représentant la Vierge et saint Joseph en adoration, et la toile de Ludovico Suriek figurant La vision de frère Felice da Cantalice. Le musée conserve aussi des cires de la fin du XVIIIe siècle typiques du Val Demone, des chandeliers en bois sculpté et un rare orgue du XVIIe siècle à tuyaux de roseau.
Les vitrines abritent une ample collection de vêtements liturgiques brodés des XVIIe-XIXe siècles, des parures complètes pour l'habillement du prêtre et de l'orfèvrerie d'autel en argent repoussé de fabrication sicilienne : calices, ostensoirs, patènes et encensoirs. La section ethno-anthropologique raconte le travail artisanal et agricole du territoire : on y voit la reconstitution de l'atelier du forgeron, une charrette sicilienne sculptée et peinte, des presses d'imprimerie, le fer à hosties et des ustensiles d'époque. Les outils employés pour la récolte de la manne du frêne retiennent particulièrement l'attention, à commencer par le mannaruolu, l'archettu et la rràsula, tout comme ceux qui servaient à la panification, à la viticulture et au filage.
Attenante au musée, la bibliothèque-archives fra' Gesualdo da Bronte conserve des incunables, l'édition originale du De Rebus Siculis de Tommaso Fazello parue en 1558, des volumes du XVIIe et du XVIIIe siècle et des documents d'archives qui retracent l'histoire du sanctuaire et du diocèse de Cefalù du XVIe siècle à nos jours.
Le conseil de la rédaction
Dans les salles ethno-anthropologiques, prends le temps de regarder l'outillage traditionnel avec lequel les frères récoltaient la manne, et juste à côté le rare orgue du XVIIe siècle dont les tuyaux sont en roseau.
