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🖼️ Musées

Accademia nazionale di San Luca

📍 Roma, Latium · 77/100

Elle fut fondée en 1593 par Federico Zuccari, qui en fut le premier Principe, avec une idée précise : porter le travail des artistes au-dessus du simple artisanat. Auparavant les peintres romains relevaient de l'Università dei Pittori, Miniatori e Ricamatori, c'est-à-dire d'une corporation de métier. Le nom vient de l'évangéliste Luc, qui selon la légende peignit le premier portrait de la Vierge. Le siège historique se trouvait au Forum romain, à côté de l'église des Santi Luca e Martina ; il fut démoli en 1934 pour ouvrir la via dell'Impero, et l'Académie s'installa au palais Carpegna, où elle est encore, à deux pas de la fontaine de Trevi.

À voir

La collection du musée s'est formée d'une manière qui a peu d'équivalents : selon les statuts, tout artiste admis doit offrir à l'institution une œuvre de sa main, afin de laisser un souvenir de lui. Le résultat est une collection faite entièrement de billets d'entrée. On y trouve le Saint Barthélemy et le Saint André d'Agnolo Bronzino, une vue en perspective de Canaletto, le portrait de Clément XI peint par le Baciccio, et d'Antonio Canova un relief en plâtre avec Socrate sauvant Alcibiade à la bataille de Potidée ainsi qu'un buste de Napoléon, également en plâtre.

La visite

Il vaut la peine de savoir ce que fut cette institution. Paul V lui accorda que, le jour de la Saint-Luc, ses membres pussent choisir des condamnés et leur faire obtenir la grâce. Urbain VIII lui donna le droit d'établir qui, à Rome, pouvait se dire artiste, puis, en 1633, celui de taxer tous les artistes et le monopole sur toutes les commandes publiques de l'État pontifical. Son chef s'appelait Principe, et parmi les Principi il y eut Gian Lorenzo Bernini et le Dominiquin. Beaucoup d'artistes importants ne furent pourtant jamais admis, et des écoles parallèles naquirent à Rome en opposition ouverte à l'art officiel : la plus connue est celle des bamboccianti.

Le conseil de la rédaction

Cherchez les armes, car c'est un raisonnement plus qu'un ornement. C'est un triangle équilatéral construit avec trois outils : le pinceau pour la peinture, le ciseau pour la sculpture et le compas pour l'architecture. Au-dessus court un phylactère avec deux mots d'Horace, aequa potestas, c'est-à-dire égale dignité. Les trois arts sont les trois côtés d'un triangle dont les côtés sont forcément tous égaux : la thèse de l'Académie mise en figure, sans avoir besoin de l'écrire.

Sur place : visites, billets et expériences

Accademia nazionale di San Luca

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